Contre l’Etat, les frontières, les CRA, les flics et les gestionnaires de la misère : déchaînons nos passions destructrices !

D’année en année le nombre de morts en Méditerranée continue d’augmenter. Depuis le début de l’année 2026 au moins 1003 personnes ont perdu la vie en tentant de la traversée, que ce soit pour fuir la misère, la répression, la guerre ou simplement en quête de meilleures conditions de vie. Cette année, dans la Manche, 6 personnes sont déjà décédées en tentant de rejoindre le RoyaumeUni (s’ajoutant au 29 personnes mortes en 2025), en plus des flics et du danger de la traversée s’ajoute le harcèlement de groupe de fachos venus tout droit d’Angleterre. Le 11 février dernier à Nantes l’Etat a mobilisé 80 de ses flics pour une vaste opération de contrôle d’identité visant à arrêter le plus de sans-papiers qu’ils pouvaient. A l’issue de ces contrôles, 12 personnes ont été placées en rétention administrative dont deux ont été transférées au CRA d’Olivet près d’Orléans. Le 12 mars à Paris le même type d’opération a mené à l’arrestation de 13 personnes pour défaut de papiers. Le but de ces interventions en plus du fichage, placement en CRA et des expulsions qui en découle vise aussi à pousser les sans-papiers à se clandestiniser et à accepter n’importe quel travail sous payés. Expulser, contrôler, retenir, exploiter et apprendre la peur à tous. Les frontières et les fictions qui lui sont liés, identités, peuples, nations sont autant d’outils visant à nier toutes individualités en les enserrants dans des carcans identitaires, permettant ainsi aux puissants de disposer d’un bétail patriotique bien docile plus prompt à défendre son identité chimérique qu’à attaquer ses chefs. Elles ont aussi pour effet de faire exister l’arnaque d’un « bien commun » pour lequel il faudrait se sacrifier que ce soit au travail ou sur un champ de bataille, tout en justifiant au passage la traque, le tri et l’enfermement de tous ceux qui seront vu comme indésirables car le mettant en péril.
Depuis le 26 mars 2026, l’Union Européenne a voté un nouveau texte qui facilite les procédures d’expulsions, allonge la durée maximale de détention administrative passant de 18 à 24 mois et avalise les « hubs de retour » ou « pays tiers sûrs ». Ce dispositif permettra d’expulser des sans-papiers vers des pays déclarés comme « sûrs » sans avoir à attendre l’autorisation des Etats dont ils sont les ressortissants et il va aussi de fait créer des « zones d’attente » (de nouveaux camps de rétention) le temps de traiter les demandes de papiers (demande d’asile, titre de séjour etc…), l’UE poursuit ainsi l’externalisation de sa politique migratoire, repoussant les problèmes qui découlent de cette politique le plus loin possible de ses frontières. Profitant de la résignation, de l’apathie générale et de la multiplication des discours xénophobes voire racistes, l’Etat durcit et étend son arsenal répressif visant les sans-papiers, les pauvres, les marginaux de toute sorte : en bref tous ceux qu’il considère comme indésirables. Tout cela n’a rien avoir avec une quelconque « fascisation » de l’Etat ou un « racisme d’Etat » comme aiment à le rappeler les différentes crèmeries gauchistes désirant faire leurs beurre sur la lutte contre les frontières. Mais a en revanche tout avoir avec l’existence des frontières, des CRA, des papiers, des taules, de l’exploitation et donc avec l’existence de l’Etat qu’il soit démocratique ou pas. Cette rhétorique vise à mobiliser une indignation citoyenne dans le but de réformer et donc d’améliorer les politiques migratoire au moyen de centres d’enfermement plus humains, d’un tri entre « bons » et
« mauvais » sans-papiers plus efficace. Disons le franchement nous ne cherchons pas à rendre la machine à expulser plus humaine, nous voulons la détruire et il en va de même pour l’Etat, les frontières, les nations et leur peuples fantasmés, les taules, le travail et toutes autorités.
Dans la lutte contre la machine à expulser les tentatives de pacification, de divisions et de récupération ne manquent pas. L’Etat dispose de tout un tas d’outils et de relais pour que cette lutte ne déborde pas et ne prenne pas un tournant plus radical. Il peut ainsi jouer l’une de ses cartes les plus tordues, celle de l’asile politique permettant de faire son tri social entre « gentils » réfugiés d’un côté et « méchants » sans-papiers de l’autre, l’accueil des premiers cités permettant de justifier la chasse des seconds. Mais il dispose aussi de ses fidèles relais que sont la gauche, les humanitaires et autres gestionnaires de la misère qui eux voudraient nous cantonner aux rôles de « soutiens » ou « d’alliés » pour mieux enterrer toutes velléités de lutte offensive qu’ils ne pourraient contrôlé et encore moins tiré profit. D’ailleurs ces associations humanitaires comme la Cimade ou France Terre d’Asile font partie des rouages de cette même machine. Ils agissent au côté de l’Etat pour co-gérer les CRA; au même titre que les entreprises qui en assurent la logistique comme Sodexo, Onet et GEPSA; ou de celles qui les construisent comme EGIS, Eiffage et Bouygues; et des institutions qui permettent aux flics d’organiser les rafles comme la CAF et France Travail; celles qui balancent les sans-papiers dès qu’elles ont fini de les exploiter comme Manpower, Proman et Alixio; et enfin les agences de voyages et compagnies aériennes sans qui les expulsions seraient impossible comme Amex Travel et Chalair Aviation. Ces entreprises, associations et institutions ne limitent pas leur actions à la question des frontières on les retrouve aussi quotidiennement pour gérer la mise au travail, les prisons et tout ce qui fait fonctionner cette société de merde. Sans nier les spécificités inhérentes au fait d’avoir des papiers ou non et les conséquences qui en découlent, au final, chacun dans ce bas monde partagent une condition commune. Nous sommes tous des proies pour les frontières, les flics, les matons, les patrons, l’Etat et ses supplétifs humanistes. Il faut combattre ces séparations, en abattant ce qui les maintient ! Tous ceux qui participent à cette normalité qui enferme, matraque, expulse et humilie ont des noms et des adresses c’est autant de lieu et d’occasion pour exprimer notre haine sans médiation ni concession. Refusons de reproduire les divisions que le pouvoir et ses alliées veut instaurer sans nier les particularités liées à nos différents statuts administratifs, avec ou sans-papiers ce sont les mêmes flics qui nous contrôlent, ce sont les mêmes conseillers France Travail qui menacent de nous radier, les mêmes agents de la CAF qui nous coupent le RSA et les même boîtes d’intérim qui nous font trimer. Ne sombrons pas dans la passivité et la résignation car pour toutes personnes désirant détruire l’Etat, attaquer la machine à expulser est une évidence, car la liberté ne surgira pas magiquement, car l’Etat et le capital ne tomberons pas d’eux mêmes, car la solidarité avec les révoltés de partout c’est l’attaque contre ce monde fait de frontières, de taules et de domination, car « il n’y a pas d’ailleurs où guérir d’ici » et que l’unique façon de se sentir exister dans ce quotidien fait d’autorité et d’ennui c’est d’être à couteau tiré avec l’existant.
Contre l’Etat, les frontières, les CRA, les flics et les gestionnaires de la misère déchaînons nos passions destructrices !

[Texte tiré d’un tract trouvé dans les rues]