Edito
Si 2026 s’ouvrait avec les échos réjouissants de la révolte en Iran, sa répression brutale et la guerre qui s’en est suivie semble préfiguré notre futur plus ou moins proche, rejetant toujours plus loin la perspective révolutionnaire anti-autoritaire, ou peut-être que non; en effet les révolutionnaires d’hier comme d’aujourd’hui n’ont jamais prétendu connaître la date de la Révolution mais ont désiré surtout hâter sa venue par leurs interventions. Si la normalité nous était déjà insupportable l’extension et l’accumulation des guerres, la militarisation croissante qui les accompagne, ajoute au quotidien de cette société basé sur l’autorité et la servitude, l’enfer de la guerre. Dans son empreinte les discours nationalistes et militaristes font leur retour en grande pompe, dans le même temps les politiques migratoires des Etats se durcissent, le flicage de la CAF et de France Travail se fait à chaque nouvelle réforme plus contraignant et humiliant. Face à cela se recroqueviller sur l’identité, la religion, la nation semble être la solution proposée aussi bien par la droite que par la gauche, quoi de plus normal les replis identitaires sont les moyens les plus sur pour nous transformer en bons citoyens prêt à travailler, à voter et préparer de plus en plus à se faire tuer « pour le salut de la patrie ». Dans le triste paysage brosser jusqu’ici on pourrait s’attendre à ce que les aires à prétentions subversives restent des endroits d’où surgiraient des critiques, analyses et pratiques permettant de créer et d’approfondir les conflictualités avec cette société.
Malheureusement une bonne partie de ces aires s’enfonce dans la passivité, la mondanité militante, érige la lâcheté en principe, et semble dans l’attente du prochain mouvement social permettant de composer avec la gauche, remisant ainsi l’attaque contre ce monde à des lendemain de plus en plus lointain. La guerre sociale ne s’arrêtera pas face à nos différentes abdications devant l’existant, alors propageons la révolte et renouons avec l’attaque sans médiation ni concession, reprenons à notre compte les mots de Lorenzaccio luttant contre la tyrannie, « Qu’importe que la conscience soit vivante, si le bras est mort ? » et joignons l’acte à la parole. Dans le contexte actuel sortir de l’apathie et de la résignation qui tend à se généraliser est une nécessité, reprendre des critiques et pratiques offensives est une piste que nous devons nous réapproprier, c’est dans ce but et pour renouer avec ce qui a fait une des force du mouvement révolutionnaire c’est à dire la production écrite permettant de contribuer aux luttes, que naît ce journal.
Ratel est un journal apériodique qui se propose de diffuser des critiques, analyses et textes d’agitations. On y écriera à propos de révolte d’ici et d’ailleurs, on y diffusera des vieux textes qui sont encore pertinents de nos jours. Il n’a pas pour ambition de représenter qui que soit, ni de s’adresser à une cible particulière; et surtout ce journal ne fait pas de propagande tout simplement car il se place dans une perspective anarchiste et anti-autoritaire. Et parce que la révolte par de soi. Parce que l’anarchisme ne cherchent pas des gens qui suivent ou des « masses » à entrainer. Parce qu’être anarchiste c’est agir pour et par soi-même et se mettre en jeu avec toutes les conséquences que ça implique en affrontant l’Etat, le capital et toutes autorités. Parce que l’anarchisme n’est pas une idéologie, il ne peut donc être mis en boîte pour servir une propagande.
Et enfin pourquoi Ratel ? Et bien déjà parce que… et ensuite un nom c’est pratique et quitte à en choisir un prendre celui d’un animal qui envoie chier les humains et les lions (et en plus il bouffe du poulet), les deux figures d’autorités de son environnement, paraît tout indiquer.
